Ilham Shaban travaille depuis 17 ans dans le secteur de l’énergie à Bakou et plus spécialement dans le pétrole. Il est devenu
analyste après avoir travaillé comme envoyé spécial dans la région
caspienne pour l’agence russe Interfax. C’est en 2003 qu’il fonde une
société indépendante.
Les réserves de la mer Caspienne ont toujours fait débat. Plusieurs thèses s’affrontent autour de cette
question après les chiffres astronomiques qui ont fait croire que la mer
Caspienne pourrait rivaliser avec le Moyen-Orient. « Au début, il y
avait deux pays pour la mer Caspienne, l’Iran et l’URSS », nous explique
Shaban. « Maintenant, il y a 5 pays. Les nouveaux pays indépendants ont
attiré les compagnies pétrolières internationales. Mais les chiffres
publiés sont différents d’une source à une autre. Par exemple, le
Turkménistan a affirmé que dans l’offshore, les réserves de pétrole sont
de 10 milliards de barils de pétrole. Mais l’année passée, il a été
constaté que finalement les réserves étaient de 300 millions de tonnes
de pétrole », nous déclare l’expert. « Pour l’Azerbaïdjan, la situation
est un peu différente car maintenant le chiffre des réserves est plus
élevé », selon Shaban.
Quand le contrat avait été conclu avec BP sur les gisements de Azeri-Chirag-Gunashli, l’estimation de BP était de 500 millions de
tonnes ; en 2000, le chiffre a été revu à la hausse à 750 millions de
tonnes, ensuite à 923 millions de tonnes. Au début des années 1990, les
réserves de gaz étaient estimées à 500 milliards de mètres cubes, mais
en 2000, elles ont grimpé à 625 milliards de mètres cubes et en 2008, BP
les a estimées à 1200 milliards de mètres cubes. « Cette augmentation
est le résultat des travaux d’exploration sur la mer Caspienne et où le
secteur le mieux étudié est celui de l’Azerbaïdjan parce que la
production offshore de pétrole a été lancée en 1949.
Pour l’année 2010, l’Azerbaïdjan prévoit de produire 52,5 millions de tonnes de pétrole et 25 milliards de mètres cubes de gaz. Socar, la
compagnie nationale azerbaïdjanaise, a conclu plus de 30 contrats de
partage de production avec des compagnies internationales ». Pour
l’instant, sur les 5 pays de la mer Caspienne, 3 pays ont commencé
l’exploitation : l’Azerbaïdjan, le Turkménistan et la Russie. Le Premier
ministre russe, Vladimir Poutine, a donné le coup d’envoi de
l’exploitation du gisement Kortchaguine le 28 avril dernier sur la
plate-forme pétrolière fixe du même nom, Kortchaguine dans la Caspienne.
Le gisement Kortchaguine est mis en valeur par Lukoil-Nijnevoljskneft,
filiale de Lukoil.
Les réserves à extraire du gisement sont évaluées à 28,8 millions de
tonnes de pétrole et à 63,3 milliards de m3 de gaz. De 1999 à 2005,
Lukoil a prospecté dans la partie nord de la Caspienne six gisements
dont les réserves totalisent 4,7 milliards de barils.
Le Kazakhstan doit démarrer l’exploitation en 2013 et l’Iran doit entamer ses travaux de recherche. La mer Caspienne est toujours l’objet
de controverses sur son statut et le partage des richesses qu’elle
contient. Pour ceux qui défendent son statut de lac, comme la Russie, il
faut une exploitation commune. Pour ceux qui défendent le statut de
mer, il faut un partage en secteurs. En décembre 2004, une étude du
département américain de l’énergie situait les réserves en pétrole entre
17 milliards et 33 milliards de barils et les réserves de gaz à 6630
milliards de m3.
Lies Sahar
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