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Le pari gagné de sangachal


Une nouvelle ère va s’ouvrir pour l’Azerbaïdjan en 2010


Les investissements consacrés au « contrat du siècle » ont été amortis et les recettes provenant du projet de Azeri-Chirag-Gunashli-ACG vont augmenter considérablement.



Selon l’expert azerbaidjanais, Ilham Shaban, qui cite des chiffres de la compagnie nationale pétrolière, « ces dernières années, l’Azerbaïdjan devait rembourser les
investissements effectués par les compagnies pétrolières internationales
partenaires dans le projet ACG et BTC (l’oléoduc
Bakou-Tbilissi-Ceyhan), et c’est pour cela qu’à partir de 2010, les
recettes seront plus élevées ».
« De 2010 à 2020, on estime que l’Azerbaïdjan aura des recettes de
l’ordre de 160 milliards de dollars si le prix du baril de pétrole sera
en moyenne de 60 dollars », a-t-il indiqué. « Avant 2010, le pétrole a
rapporté 30 milliards de dollars en 11 ans, de 1999 à 2010, soit une
moyenne de 3 milliards de dollars », selon Shaban.
A partir de 2010, les recettes seront en moyenne de 16 milliards de
dollars avec un baril à 60 dollars. « Si les compagnies pétrolières ont
investi 25 milliards de dollars, l’Azerbaïdjan n’a rien dépensé, pas
même un dollar », explique l’expert en citant les dispositions du
contrat de partage de production. C’est ce qui explique la montée en
cadence des recettes et le fait qu’à partir de 2010, les revenus tirés
des recettes d’exportation seront nets.


Dans les dispositions du contrat de partage de production, la part de l’Azerbaïdjan en pétrole variera entre 70 et 80% selon le contrat. Ce qu’on a appelé le contrat du siècle ou (ACG) rassemble une dizaine de
partenaires, BP comme opérateur avec 34,1%, Chevron (10,2), Socar (10%),
Inpex (10% ), Statoil (8,6%), ExxonMobil (8%), TPAO (6,8%), Devon
(5,6%), Itochu (3,9%), Hess (2,7%). En 2009, et selon les chiffres de
BP, sur les cinq gisements qui sont en production, une moyenne de 817
000 barils par jour a été extraite à partir du Terminal de Sangachal
situé à quelques dizaines de kilomètres de Bakou. Un territoire de 542
hectares.


Le pétrole qui est produit est envoyé via l’oléoduc Bakou-Tbilissi- Ceyhan vers la Méditerranée sur la côte turque pour être ensuite acheminé sur le marché européen. L’oléoduc qui a accompagné le projet
ACG a été réalisé par onze partenaires, BP (30,1%), AZBTC (25 %),
Chevron (8,90%), Statoil (8,71%), TPAO (6,53% ), ENI (5%), Total(5% ),
Itochu (3,40%), Inpex (2,50%), ConocoPhilips (2 ,50%) et Hess (2,36% ).
Le BTC a permis au pétrole de l’Azerbaïdjan produit en mer Caspienne de
gagner les marchés mondiaux et notamment le marché européen. L’oléduc
transporte le pétrole de Bakou sur une distance de plus de 1700 km de
Bakou jusqu’en Turquie en passant par la Géorgie. En entamant des
négociations des 1991, l’année de son indépendance, avec les compagnies
internationales, l’Azerbaïdjan avait misé sur l’avenir, surtout quand on
voit les recettes que le pétrole va lui rapporter.
En faisant un grand pari sur l’avenir, le pays recueille les fruits de
ses choix, des choix qui lui avaient valu beaucoup de problèmes, y
compris une guerre avec l’Arménie, un de ses voisins.


Avec des voisins qui sont considérés comme des puissances, à l’image de la Russie ou de l’Iran, et qui cherchent pour l’un à maintenir son influence dans l’espace de l’ex-URSS et pour l’autre à élargir sa sphère
d’influence, l’Azerbaïdjan a eu fort à faire.
En misant sur le marché occidental, l’Azerbaïdjan a réussi à attirer les
investissements nécessaires pour la mise en exploitation de gisements
de pétrole et de gaz qui lui permettront de trouver le chemin du
progrès. Actuellement, l’Azerbaïdjan exporte 94% de son pétrole et 95%
de son gaz. Mais en plus de l’accusation portée par certains de ses
voisins d’un alignement sur les Etats-Unis, l’Azerbaïdjan subit d’autres
pressions, celle de l’utilisation de l’argent du pétrole. Selon le
vice-président de Socar, la compagnie nationale pétrolière, Elshad
Nassirov, la stratégie de la société est basée sur des principes de
fond. « Nous n’accumulons pas de profits. Nous maximisons nos revenus au
bénéfice de l’Etat, au profit de la nation et des citoyens. Nous
accumulons nos revenus pour aider le gouvernement à développer le pays,
construire des hôpitaux, des écoles, réhabiliter l’habitat… Nous
envoyons les étudiants dans les meilleures universités du monde… », nous
a-t-il déclaré.


Où va l’argent du pétrole ? A cette question, le vice-président de Socar explique que l’Azerbaïdjan a créé un Fonds d’Etat du pétrole (State Oil Fund) et que l’argent du pétrole « va directement dans ce
Fonds et que seul le Parlement décide où va cet argent qui est investi
dans les infrastructures, l’économie, le social, la création d’emplois,
les hôpitaux, les écoles, la participation au développement des
campagnes ». « Une partie de l’argent est consacrée à l’aide en faveur
des réfugiés au nombre de un million qui ont quitté les zones occupées
par l’Arménie », selon le vice-président de Socar.
Selon Elshad Nassirov, le Fonds est doté actuellement de 16 milliards de
dollars, dont 14 ont déjà été dépensés sur des recettes accumulées de
30 milliards de dollars en 11 ans.


A partir de cette année, les recettes du pétrole vont connaître une augmentation extraordinaire pour ce pays de 9 millions d’habitants. Et comme la moyenne des recettes pétrolières va passer de 3 milliards de
dollars par an à 16 milliards de dollars par an (avec un baril à 60
dollars), l’Azerbaïdjan pourrait connaître de sérieux problèmes si une
politique de transparence sans faille n’est pas développée dans la
gestion des recettes pétrolières. Mais ce défi risque d’être très
difficile pour l’Azerbaïdjan. Trop d’argent sur la table entraîne
généralement des appétits sans limites.


Lies Sahar

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