L’Azerbaïdjan, qui dispose d’importants gisements en hydrocarbures, est considéré comme un partenaire de taille dans la stratégie énergétique de l’Union européenne (UE), a déclaré l’ambassadeur de la commission européenne à Bakou, Roland Kobia, lors d’une conférence de presse sur la politique énergétique de l’UE tenue à Bakou.
En axant sa politique énergétique sur la sécurité d’approvisionnement, l’UE a développé une approche focalisée autour de la diversification de ses fournisseurs. L’objectif est d’éviter de subir, une nouvelle fois, les conséquences négatives d’une éventuelle crise similaire à celles survenues en plein hiver depuis 2006 entre la Russie, premier exportateur mondial de gaz et principal fournisseur de l’Europe, et certains pays de transit comme l’Ukraine et le Bélarus, a indiqué M. Kobia.
Le représentant de l’UE a, dans ce sens, tenu à souligner que l’Europe de l’Ouest, dont les réserves locales d’énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) ne cessent de décroître, projette de développer une interdépendance avec ses différents fournisseurs dans le but d’assurer un acheminement sécurisé de ses besoins mais surtout de ‘’mettre un terme aux positions monopolistes qui ont pesé sur la sécurité de ses approvisionnements’’.
C’est dans cette perspective que l’Europe entend élargir et diversifier son réseau de fournisseurs en incluant de nouveaux partenaires fiables en matière de production et de transport, a-t-il expliqué.
A cet effet, l’Azerbaïdjan, dans la région de la Mer Caspienne, constitue ‘’un nouveau corridor d’approvisionnement et un partenaire énergétique de taille’’ grâce à ses importantes réserves prouvées en pétrole et en gaz ainsi que sa situation géographique entre l’Europe de l’est et l’Asie centrale, a fait valoir M. Kobia.
En outre, la politique extérieure indépendante exercée par Bakou à l’égard des puissances régionales et mondiales permettra de garantir à l’Europe de l’ouest une source d’approvisionnement sûre et pérenne en cas d’éventuelle crise énergétique, selon l’ambassadeur de l’UE.
Les propos de M. Kobia ont été appuyés par l’Azerbaïdjan à travers le vice président de la compagnie pétrolière étatique Socar, Elshad Nassirov.
Ce dernier a affirmé que le peuple azéri garde toujours dans sa mémoire collective les différentes entreprises de puissances régionales et mondiales de faire main basse sur les ressources naturelles du pays depuis plus de 80 ans.
‘’Notre politique énergétique vise à maximiser les revenus au bénéfice de l’Etat et de la population azéris’’, a souligné Nassirov.
Il a ajouté que les différentes installations de transport d’hydrocarbures existantes ou en projet n’ont pas d’autres objectifs que d’assurer un acheminement sécurisé des livraisons en dépit de des difficultés politiques.
Après avoir obtenu son indépendance en 1991 suite à l’effondrement de l’Union soviétique, l’Azerbaïdjan a signé à partir de 1994 une série de contrats de production et de transport d’hydrocarbures avec un nombre de compagnies pétrolières internationales.
Ces contrats ont commencé à apporter leurs fruits à la faveur de l’entrée en service des gisements exploités dans la Mer Caspienne.
Entre 1999 et 2009, l’Azerbaïdjan a engrangé quelque 16 milliards de dollars de recettes d’exportation, selon des statistiques présentées par le numéro deux de Socar.
Le niveau des recettes, jusqu’alors relativement faible, devrait progresser à partir de l’année prochaine, a ajouté M. Nassirov qui s’attend à des revenus très importants pour les 30 prochaines années
S’agissant de l’utilisation de cette importante manne, le vice président du groupe énergétique azéri a expliqué que la totalité des revenus est versée dans le Fonds pétrolier de l’Etat.
Le parlement azéri est l’autorité habilitée à gérer ce fonds qui a engrangé depuis sa création, il y a près de sept ans, quelque 30 milliards de dollars dont 14 milliards ont déjà été affectés au financement du développement du pays, la réduction de la pauvreté et l’aide aux populations affectées par la guerre contre l’Arménie sur le Nagorno-Karabakh, a précisé M. Nassirov.
Ancienne république soviétique située au sud-ouest du Caucase, l’Azerbaïdjan (9 millions d’habitants) a connu en 2009 une croissance de 9,3% de son Produit intérieur brut (PIB) contre 25% l’année précédente, selon des chiffres officiels.
Les recettes d’hydrocarbures représentent actuellement 65% des revenus du pays.
L’utilisation de ces recettes dans le financement de l’économie a permis de faire baisser le taux de pauvreté de 50 à 9% en dix ans, alors que l’inflation est passée de 20% en 2006 à 2% en 2009.
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