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L’argent du pétrole et les Azéris-El Watan-Lies Sahar-Edition du 26/06/2010

L’argent du pétrole et les Azéris


En se promenant dans les rues de Bakou, on n’est pas dépaysé, tellement les ressemblances sont frappantes avec les pays d’Afrique du Nord et notamment l’Algérie.



Pour ce pays situé dans le Caucase et musulman à 94% (deux tiers sont chiites et un tiers de sunnites), la tolérance est une richesse qui lui permet de garder des valeurs
ancestrales et de s’ouvrir à la modernité. L’argent du pétrole est
investi dans la réhabilitation du vieux bâti et dans la construction de
nouveaux édifices et des buildings destinés à l’habitat. La ville de
Bakou est devenue un grand chantier et les voitures de grandes marques
allemandes, japonaises et coréennes côtoient les vieilles Lada de
l’époque soviétique. La présence des compagnies étrangères et l’argent
investi ont favorisé la création d’une classe moyenne. Même si pour des
analystes l’Azerbaïdjan est à l’ère du capitalisme sauvage et que les
différences entre riches et pauvres sont importantes.


Les municipalités financent les travaux de réhabilitation de l’habitat et la pose de fenêtres en PVC et en aluminium donnant un nouveau cachet à la ville, nous explique un cadre azéri. Les franchises
de grandes marques de vêtements et de bijoux illustrent l’ouverture vers
l’Occident. Considéré comme un pays pauvre il y a de cela quelques
années, l’Azerbaïdjan commence à profiter de l’argent du pétrole. Et
Bakou, la capitale, regroupe déjà 4 millions d’habitants sur les 9 que
compte le pays. En 2005, le budget du pays était de deux milliards de
dollars. Selon une responsable de la mission des Nations unies à Bakou,
le taux de pauvreté aurait reculé de 47 % à 20 % ces dernières années.
Si la corruption n’est pas niée directement dans les discussions,
beaucoup de responsables azerbaïdjanais rappellent que le pays s’est
inscrit dans une initiative anti-corruption.


En 2002, le gouvernement azerbaïdjanais a adhéré à un mouvement international de lutte contre la corruption appelé Extractive Industries Transparency Initiative. Cette initiative impose aux entreprises
pétrolières de rendre publiques les sommes versées au Fonds pétrolier
d’Etat. Cependant, plusieurs observateurs ont dénoncé des failles dans
cette initiative en soutenant que « si elle permet d’appréhender les
sommes versées au Fonds pétrolier d’Etat, elle n’impose pas aux
autorités de rendre compte de l’emploi des fonds versés. » Mais ce qui
est important, c’est que ce sujet n’est pas tabou en Azerbaïdjan, même
si les observateurs considèrent le système politique comme celui d’une
dynastie et que des journalistes continuent à être emprisonnés. La
corruption serait surtout présente dans l’administration à travers le
« bakchich ».


Le Fonds pétrolier azerbaïdjanais a été créé le 29 décembre 2000 dans une optique de stabilisation et d’épargne/capitalisation avec pour finalité de financer la diversification de l’économie et la
reconstruction. Chaque année, le gouvernement annonce la liste des
dépenses qui seront effectuées par l’argent du Fonds. Une grande partie
de l’argent aurait été dépensée pour la réalisation de projets
d’infrastructures, de routes, l’alimentation en eau potable, selon Ilham
Shaban. Une partie de l’argent a été aussi utilisée pour le soutien
des réfugiés de la guerre avec l’Arménie qui sont au nombre d’un
million. Pour résumer, l’expert en énergie considère qu’un tiers de
l’argent est pour l’habitat, les infrastructures et le social, le
deuxième tiers pour le développement de la culture et des sports et 25%
pour les générations futures. Par rapport aux pays d’Asie Centrale et à
l’Europe de l’Est, le niveau de vie est bien meilleur selon les Azéris.


Lies Sahar

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