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Azerbaïdjan face au défi de la reconstruction -djaafar bensalah- El Khabar- Baku- 07-05-2010



Le zoroastrianisme où « les adorateurs de feu », religion éteinte depuis
des siècles en
Azerbaïdjan
après
l’avènement de l’islam, refait surface sous forme de « 
new
religion
 »
mais
économique
cette fois-ci, avec l’intérêt accru que porte le gouvernement
azérie au «  feu » des gisements
off
shore
de
pétrole et de gaz. La découverte de grandes réserves de gaz
propulsa cette jeune nation de la mer Caspienne au devant de la scène
internationale, et en a fait un acteur incontournable dans la
géopolitique mondiale. Face à ces enjeux, l’Azerbaïdjan adopta
une doctrine énergétique, résumée par le vice ministre des
affaires étrangère Hafiz Pashaiv : « 

Situé au carrefour des intérêts d’anciens empires russe, perse
et romain, notre pays essaye d’être l’ami de tout le monde, et
notre diplomatie fait de la paix dans la région son cheval de
bataille »
.
En termes clairs, cette doctrine s’est traduite par la conclusion
d’accords de livraison de pétrole et de gaz pour l’ensemble des
pays riverains, par la construction de gazoduc vers la Russie, la
Turquie et l’UE, en plus d’un projet de gazoduc vers l’Iran.

Depuis l’accession de l’Azerbaïdjan à l’indépendance en 1991, les azéris croquent la vie à belle dents «  en or », une
mode locale, pour rattraper le temps perdu, après une longue
occupation soviétique. Le pays de l’ex-président Haydar Aliev
tente de se frayer un chemin dans une région considéré comme
« sphère d’influence de plusieurs anciens empires russe,
perse, romain et turque » a souligné Hafiz Pashaiv, vice
ministre des affaires étrangères et ex-ambassadeur à Washington.
Rencontré lors d’un débat à l’académie des affaires
internationales de Bakou qu’il préside , ce diplomate ajoute :
« Notre région est un véritable cas d’école pour les
sciences politiques, ce qui nous oblige à être l’ami de tout le
monde en concluant des accords de livraison de gaz et de pétrole
avec les russes, iraniens, l’UE,

la Turquie et la Géorgie.» Une façon d’avoir la paix avec tout le monde et d’éviter de faire l’objet d’agression les pays
riverains puissants. Cela ne l’a pas empêché pour autant
l’Arménie d’occuper la région du Nagorny Karabakh qui
représente 20% du territoire de l’Azerbaïdjan lors d’un conflit
qui a fait 30.000 morts et 1 millions de réfugiés azéris. Un
conflit qui fera dire à notre interlocuteur «  le lobby
arménien a user de son influence auprès de la France et des USA
pour geler l’application de quatre résolutions de l’ONU exigeant
le retrait immédiat de l’Arménie de ce territoire, et je suis
désolé de dire que 17 années après, le problème est toujours
posé et la communauté internationale ne fait pas assez ».
Mais Pashaiv, en diplomate chevronné, ne désespère pas qu’une
issue pacifique au conflit avec l’Arménie sera trouvée.

Conscients du poids de leur pays après la découverte de gros gisements de gaz estimé à 1300 milliards m,
les dirigeants tentent de jouer la carte du « 
multilatéralisme » avec ses voisins. Elshad Nassirov, vice
président de la compagnie nationale de pétrole SOCAR traduit on ne
peut mieux cette tendance à plus de profit :
«
Notre seule politique est le commerce et nos intérêts passent avant
tout ».

Il va même jusqu'à affirmer que «  la mémoire collective des azéris n’est pas prête à accepter l’utilisation de l’arme du
pétrole comme levier politique pour régler notre problème avec
l’Arménie ». Une mémoire collective qui garde toujours
vivace le souvenir d’une séquence d’un film Nazi qui montre
Hitler entrain de manger un morceau de gâteau représentant la
capitale Bakou, grand réservoir de pétrole au monde à cette époque
là. Mais malheureusement l’issue de la bataille de Stalingrad 1943
en faveur de l’armé russe a contrarié les desseins d’Hitler de
prendre possession de Bakou qui fournissait 80% du carburant de
l’armée russe lors de la deuxième guerre mondiale.

un avis auquel adhère l’expert azéri en énergie, Ilham Shabane : « l’Azerbaïdjan veille à sauvegarder ses intérêts
économique et on a toujours en tête la leçon que la Russie a
administré à la Géorgie lors de la crise de janvier 2009 , c’est
un avertissement pour nous en Azerbaïdjan. » L’intervenant
conclut : « On est convaincu que dans l’option d’une
agression russe contre notre territoire, l’UE et les USA ne vont
pas intervenir.»

Cette politique basée sur l’intérêt n’est pas faite pour déplaire aux grandes compagnies
pétrolieres
et à l’UE

présente
en Azerbaïdjan par son ambassadeur Roland Kobia, véritable
spécialiste de la question énergétique. Il esquisse un tableau
exhaustif de la situation : « Les réserves de gaz découvertes
dans la mer Caspienne peuvent assurer 5% de la demande énergétique
de l’UE ». Les réserves de l’Azerbaïdjan permettent à
l’UE de se libérer de l’emprise du géant russe et d’éviter
un autre scénario à la Géorgienne. Ce souci s’est traduit par le
projet grandiose du gazoduc

Nabucco

, pour transporter le gaz de l’Azerbaïdjan vers les pays de l’UE
. L’ambassadeur estime que «  les travaux du gazoduc vont
commencer dans 12 mois après la signature de différents contrats
bilatéraux avec les pays transitaires, dont l’Azerbaïdjan, la
Géorgie, la Turquie et l’Autriche  ». Entre autres, l’union
tente dans le cadre de sa politique de voisinage et d’un accord de
partenariat et de coopération signé en 1996 d’aider l’état de
l’Azerbaïdjan dans sa politique de développement et de la
construction du pays dans différents domaines.

Sur le même registre, le gouvernement Azerbaidjanais, dans sa quête d’équilibrer ses rapports avec les pays riverains, a conclut un
accord de livraison de gaz vers la Russie, à l’instar des oléoducs
Baku-Tbilissi-Ceyhan
en Turquie
et
South Caucasus Pipeline ( SCP) vers la mer noire. Un accord vient
également d’être signé avec l’Iran pour la livraison du gaz à
ce pays.

A noter enfin que cette doctrine énergétique permet à ce pays de plus de 86 mille kilomètres et de 9 millions d’habitants de
vivre en paix avec ses voisins et de continuer sa marche vers le
progrès, le développement et la modernisation du pays. Comme en
témoigne les 800 nouveaux buildings et grattes ciel construits en
l’espace de dix ans à Bakou et la réhabilitation des immeubles
avec le soutien de la fondation Aliev et les recettes énergétiques
injectées dans un fonds national de pétrole créer à cet effet.

Reste à savoir enfin si cette politique est le fruit pur d’une stratégie du gouvernement azéri où le vœu des compagnies
pétrolières
soucieuses de fructifier leurs bénéfices qui se chiffrent à des
milliards de dollars. Une situation que résume la chargée de
communication de BP, Tamam Bayalty, à notre question sur leur
chiffre d’affaire : « 
Nous
ne communiquons pas ce genre de chiffres… » .
Sans
commentaire.

 




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